La nutrition dans la MPR
June 01, 2023

Gérer son alimentation quand on a la MPR | Nutrition rénale

Les meilleurs soins nutritionnels pour les personnes atteintes d’une maladie rénale sont personnalisés selon vos objectifs de santé, votre état nutritionnel, vos autres problèmes de santé et les résultats de vos analyses de sang et d’urine. Un domaine plus récent de personnalisation concerne le type de maladie rénale, qu’il s’agisse de la maladie polykystique des reins (MPR) ou de la maladie rénale chronique (MRC).

La plupart du temps, lorsque vous cherchez de l’information nutritionnelle sur la maladie rénale, elle porte surtout sur l’alimentation liée à la MRC. La nutrition est importante pour les personnes atteintes de la MPR, et l’information propre à la MPR a seulement commencé à émerger récemment grâce à la recherche, aux expériences vécues et aux ressources en ligne.

Une alimentation adaptée à la MPR peut aider à ralentir la croissance des kystes, ce qui peut contribuer à ralentir le déclin de la fonction rénale. Elle peut aussi aider à gérer des problèmes comme l’hypertension artérielle, l’acidose métabolique, les maladies cardiaques et les calculs rénaux. L’alimentation pour la MPR n’est pas la même que celle pour la MRC. Voyons donc certaines recommandations nutritionnelles propres à la MPR.

Liquides

L’une des premières recommandations pour la MPR est de boire plus d’eau. Idéalement, l’apport en liquides devrait être personnalisé et tenir compte de facteurs comme votre niveau d’activité et vos autres problèmes de santé.

Comme point de départ, boire de 2 à 3 litres par jour avec la MPR peut aider à réduire l’hormone vasopressine (qui est responsable de la croissance des kystes) et à améliorer l’osmolalité urinaire. Une osmolalité urinaire élevée déclenche la libération de vasopressine, ce qui peut influencer la croissance des kystes dans la MPR. Pour plus de conseils sur la gestion des liquides avec la MPR, consultez cet article de blogue.

Une préoccupation fréquente liée à une consommation plus élevée de liquides est la miction fréquente. Essayez de répartir votre consommation de liquides tout au long de la journée, y compris la nuit si vous vous levez pour aller aux toilettes. En apportant des changements nutritionnels, comme réduire l’apport en sodium et boire suffisamment de liquides, l’osmolalité urinaire peut s’améliorer et la fréquence des mictions peut diminuer.

Sodium

Un apport élevé en sodium est lié à une osmolalité urinaire plus élevée, ce qui peut accélérer la progression de la MPR en raison d’une croissance accrue des kystes. Un apport élevé en sodium est aussi associé à un déclin plus important de la fonction rénale et à un risque accru d’hypertension artérielle. Pour en savoir plus, consultez cet article précédent sur l’hypertension et la MPR.

La méthode de référence pour mesurer l’apport en sodium est une collecte d’urine de 24 heures. Cet examen, combiné aux analyses sanguines, peut être prescrit par votre néphrologue ou votre équipe de soins afin d’orienter des recommandations nutritionnelles personnalisées.

D’un point de vue nutritionnel, visez moins de 2 300 mg de sodium par jour. Des outils gratuits comme Cronometer ou MyFitnessPal peuvent vous aider à suivre votre consommation de sodium.

Protéines

La quantité et le type de protéines consommées sont des sujets fréquents de discussion en lien avec la MPR. Avec la MPR, consommer trop ou trop peu de protéines peut affecter l’osmolalité urinaire. Une collecte d’urine de 24 heures ou un suivi avec une diététiste spécialisée en néphrologie peut aider à déterminer la quantité de protéines qui vous convient. Pour de nombreuses personnes atteintes de la MPR, l’alimentation n’est pas très faible en protéines, ce qui constitue l’une des différences importantes entre les régimes pour la MPR et la MRC que la recherche continue d’explorer.

En ce qui concerne le type de protéines, les protéines d’origine végétale offrent de nombreux bienfaits pour la santé, notamment le soutien de la fonction rénale et la gestion de problèmes comme l’hypercholestérolémie et l’acidose métabolique. Une consommation excessive de protéines animales peut augmenter le risque de goutte et de calculs rénaux. Intégrer davantage de protéines d’origine végétale est une approche saine pour la MPR. Essayez de commencer par un repas sans viande par semaine ou par jour, puis augmentez graduellement.

Il est aussi important de tenir compte du moment où vous consommez des protéines. Comme les reins ne peuvent filtrer qu’une certaine quantité à la fois, répartir l’apport en protéines tout au long de la journée peut être bénéfique. Cela peut aussi vous aider à rester rassasié plus longtemps.

Autres considérations

Régimes cétogènes

Vous vous demandez peut-être ce qu’il en est des régimes cétogènes. Bien qu’il existe des données de recherche prometteuses sur les régimes cétogènes et la MPR, il n’existe actuellement aucun consensus officiel.

Un régime cétogène place le corps en cétose nutritionnelle, et des préoccupations ont été soulevées quant à son innocuité et à sa durabilité à long terme. À l’inverse, un régime pauvre en glucides vise à réduire les glucides tout en privilégiant des aliments riches en nutriments.

Avec la MPR, le type et la quantité de glucides comptent. Lorsque vous consommez des glucides, privilégiez les grains entiers comme le pain de grains entiers, le riz brun, l’orge et le gruau plutôt que les glucides raffinés.

Alimentation bénéfique pour le cœur

Le lien entre les maladies cardiaques et la MPR est bien établi, ce qui rend important d’adopter une alimentation qui soutient à la fois la santé des reins et du cœur. Cela peut inclure le choix plus fréquent de produits laitiers faibles en gras, de noix, de graines, de légumineuses et de haricots.

Si vous consommez des protéines animales, visez les poissons gras comme le saumon, la truite ou le maquereau deux fois par semaine. Choisissez des gras insaturés comme l’huile d’olive ou d’autres huiles non tropicales pour la cuisson.

Des régimes comme le régime méditerranéen ou le régime DASH peuvent soutenir la santé des reins et du cœur.

Potassium

L’apport en potassium devrait être personnalisé selon vos analyses sanguines. De nombreuses personnes atteintes de la MPR n’ont pas besoin de restreindre le potassium. Le potassium provenant des légumes, des fruits, des grains entiers et des protéines végétales peut aider à gérer la pression artérielle.

Phosphore

Les aliments contenant du phosphore ajouté devraient être évités par toute personne atteinte d’une maladie rénale, ce qui rend la lecture des étiquettes nutritionnelles importante. D’autres sources de phosphore peuvent généralement être incluses dans une alimentation pour la MPR, à moins d’avis contraire de votre équipe de soins.

Oxalates

Les oxalates sont des composés présents dans de nombreux aliments, principalement d’origine végétale. Des niveaux élevés d’oxalates dans l’urine peuvent entraîner des calculs rénaux d’oxalate de calcium. Avec la MPR, il peut être utile de limiter certains aliments riches en oxalates, comme les épinards, les betteraves, les oranges, les framboises et les amandes, afin de réduire le risque de calculs rénaux.

Associer les aliments contenant des oxalates à une source de calcium peut réduire l’absorption des oxalates dans l’intestin et aider à prévenir la formation de calculs. Plus d’information sur ce sujet sera partagée dans de futurs articles de blogue.

Et ensuite?

Lorsque vous apportez des changements nutritionnels avec la MPR, commencez par ces conseils :

  • Visez à remplir la moitié de votre assiette de légumes (choisissez des options plus faibles en potassium ou en oxalates au besoin)
  • Choisissez des protéines d’origine végétale plus souvent (sélectionnez des options plus faibles en oxalates au besoin)
  • Si vous consommez des glucides, privilégiez les grains entiers
  • Limitez le sodium en lisant les étiquettes alimentaires, en mangeant plus souvent à la maison et en cuisinant avec des herbes et des épices
  • Faites de l’eau votre boisson de choix

Travailler avec votre néphrologue ou votre équipe de soins pour effectuer une collecte d’urine de 24 heures, et collaborer avec une diététiste spécialisée en néphrologie, peut vous aider à créer un plan nutritionnel personnalisé qui répond à vos besoins.

À propos de l’autrice

Emily Campbell, Dt.P., éducatrice agréée en diabète, MScFN, est diététiste professionnelle et éducatrice agréée en diabète, titulaire d’une maîtrise en sciences des aliments et de la nutrition. Emily se spécialise dans l’accompagnement des personnes atteintes d’une maladie rénale afin de les aider à mieux comprendre la nutrition pour soutenir leur santé. Emily peut être jointe au kidneynutrition.ca.

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