Additifs de potassium et de phosphore dans la MPR : ce que vous devez savoir | Nutrition rénale
Si vous vivez avec la maladie polykystique des reins (MPR), vous avez probablement entendu des messages contradictoires au sujet du potassium et du phosphore. Certaines sources disent d’éviter les bananes et les pommes de terre pour toujours. D’autres mettent en garde contre les additifs cachés dans les aliments emballés. Tout cela peut vous amener à vous demander ce qui compte vraiment avec la MPR, et ce qui ne compte pas.
Ce blogue explique le potassium et le phosphore de façon claire et pratique afin de vous aider à faire des choix éclairés, sans restreindre inutilement votre alimentation.
Que sont le potassium et le phosphore?
Le potassium et le phosphore sont des minéraux essentiels qui jouent des rôles importants dans l’organisme.
- Le potassium aide à réguler les contractions musculaires, les signaux nerveux et le rythme cardiaque.
- Le phosphore soutient la santé des os, la production d’énergie et la structure des cellules.
Chez les personnes vivant avec la MPR, les préoccupations concernant ces minéraux apparaissent généralement lorsque la fonction rénale diminue, et non simplement parce que la MPR est présente.
Les recommandations nutritionnelles actuelles pour la MPR mettent l’accent sur l’individualisation. L’apport en potassium et en phosphore devrait être basé sur :
- La fonction rénale (DFGe)
- Les taux sanguins de potassium et de phosphore
- La qualité globale de l’alimentation
En d’autres mots : tout le monde avec la MPR n’a pas besoin de restreindre le potassium ou le phosphore.
Le taux de potassium est influencé par plus que l’alimentation. Les médicaments, la constipation et le contrôle de la glycémie peuvent tous avoir un effet. De plus, le potassium et le phosphore sont absorbés différemment selon leur source.
Faut-il restreindre toutes les sources de potassium et de phosphore?
Réponse courte : Non.
Potassium
De nombreux aliments riches en potassium, comme les fruits, les légumes, les légumineuses et les produits laitiers, sont associés à :
- Une meilleure santé intestinale
- Une amélioration de la pression artérielle
- Un risque cardiovasculaire réduit
- Une meilleure qualité globale de l’alimentation
Si votre taux sanguin de potassium est normal, ces aliments ne sont pas automatiquement à éviter. Un taux normal se situe généralement entre 3,5 et 5,0 mmol/L, selon les valeurs de référence du laboratoire.
Si vous devez réduire votre apport en potassium, l’objectif n’est pas de tout éliminer. La taille des portions, la fréquence et la qualité globale de l’alimentation comptent – et déterminent la quantité d’aliments riches en potassium que vous pouvez consommer.
Votre équipe de soins peut recommander une alimentation pauvre en potassium. L’apport quotidien recommandé est souvent d’environ 2 000 mg, mais cela doit être individualisé.
Il est important de consulter votre diététiste afin de continuer à suivre une alimentation équilibrée si une alimentation pauvre en potassium est recommandée.
Cependant, toutes les personnes vivant avec la MPR devraient lire les étiquettes pour repérer les additifs de potassium. Il s’agit de composés comme le chlorure de potassium ou le citrate de potassium ajoutés aux aliments comme exhausteurs de goût. L’organisme absorbe presque 100 % de ces additifs. Ils peuvent donc augmenter le taux sanguin de potassium plus rapidement que le potassium provenant des aliments entiers.
Phosphore
Le phosphore provient à la fois d’aliments naturels et d’additifs.
- Les sources naturelles comprennent la viande, les produits laitiers, les haricots et les noix.
- Les additifs se retrouvent souvent dans les aliments transformés.
Voici la différence clé.
- Le phosphore naturellement présent est moins bien absorbé.
- Les additifs de phosphore sont presque entièrement absorbés, comme les additifs de potassium.
Pour cette raison, les lignes directrices en nutrition rénale recommandent de limiter d’abord les additifs de phosphore, plutôt que d’éliminer des aliments entiers nutritifs. Éviter les sources naturelles de phosphore est généralement nécessaire seulement si le taux sanguin de phosphore est élevé, ce qui survient souvent lorsque la fonction rénale diminue et que les reins ne peuvent plus éliminer l’excès de phosphore.
Pourquoi les additifs comptent plus que les aliments entiers
Les additifs de potassium et de phosphore se retrouvent souvent dans :
- Les viandes transformées
- La restauration rapide
- Les produits de boulangerie emballés
- Les repas instantanés
- Les boissons aromatisées et les colas
Ces additifs :
- Sont absorbés très efficacement
- Peuvent augmenter rapidement les taux sanguins de potassium et de phosphore
- N’offrent aucun avantage nutritionnel significatif.
Comment lire les étiquettes pour repérer les additifs de potassium et de phosphore
Les étiquettes nutritionnelles n’indiquent pas toujours la quantité de potassium ou de phosphore, mais les additifs apparaissent dans la liste des ingrédients.
Surveillez ces mots :
Les additifs de phosphore comprennent souvent :
- « Phos- » (phosphate, acide phosphorique)
- Phosphate de sodium
- Phosphate de calcium
- Pyrophosphate
Les additifs de potassium comprennent souvent :
- Chlorure de potassium
- Phosphate de potassium
- Citrate de potassium
Comment profiter des aliments riches en potassium avec une alimentation pauvre en potassium
Si vous devez réduire le potassium, cela ne signifie pas privation.
1. La taille des portions compte
Plusieurs aliments peuvent toujours faire partie de votre alimentation si les portions sont ajustées. Dans une alimentation pauvre en potassium d’environ 2 000 mg par jour, les aliments sont souvent limités à environ 200 mg par portion. Voici quelques exemples :
- Une banane moyenne (18 cm) contient environ 422 mg de potassium. Essayez une demi-banane quelques fois par semaine.
- Un avocat contient environ 975 mg de potassium. Essayez un quart d’avocat une ou deux fois par semaine.
- Une tasse de sauce tomate contient environ 769 mg de potassium. Limitez à un tiers de tasse quelques fois par semaine.
- Une tomate moyenne contient environ 292 mg de potassium. Essayez plutôt quatre tomates cerises.
2. Les techniques de cuisson peuvent aider
- Faire tremper les haricots secs avant la cuisson peut réduire le potassium.
- Faire bouillir les pommes de terre deux fois peut réduire considérablement le potassium.
- Braiser la viande peut réduire le potassium, mais évitez d’utiliser le liquide de cuisson.
3. Répartir le potassium au cours de la journée
Au lieu de consommer un seul repas riche en potassium, répartissez les aliments contenant du potassium dans vos repas selon votre cible quotidienne.
4. Concentrez-vous sur ce que vous pouvez manger
Il existe de nombreux fruits et légumes plus faibles en potassium qui apportent tout de même couleur, fibres et saveur.
C’est ici que l’accompagnement personnalisé d’une diététiste peut faire une grande différence. Les listes générales peuvent mener à des restrictions inutiles.
Message clé sur le potassium et le phosphore
Vous n’avez pas à craindre le potassium ou le phosphore simplement parce que vous vivez avec la MPR. Avec des recommandations fondées sur des données probantes, une attention aux étiquettes et des objectifs personnalisés, il est possible de soutenir la santé rénale tout en appréciant les aliments.
Les recommandations nutritionnelles actuelles pour préserver la fonction rénale avec la MPR mettent l’accent sur :
- Prioriser les aliments entiers, comme ceux présentés dans Pour l'amour de vos reins : maladie polykystique des reins : planifier, adapter, savourer
- Limiter les aliments transformés contenant des additifs
- Individualiser les cibles de potassium et de phosphore
- Soutenir la qualité de vie à long terme
Si vous souhaitez un accompagnement adapté à vos résultats de laboratoire, à votre mode de vie et à vos objectifs, travailler avec une diététiste spécialisée en nutrition rénale peut vous aider à trouver le bon équilibre.
À propos de l’autrice
Emily Campbell, Dt.P., éducatrice agréée en diabète, MScFN, est diététiste professionnelle et éducatrice agréée en diabète, titulaire d’une maîtrise en sciences des aliments et de la nutrition. Emily se spécialise dans l’accompagnement des personnes atteintes d’une maladie rénale afin de les aider à mieux comprendre la nutrition pour soutenir leur santé. Emily peut être jointe au kidneynutrition.ca.
Pour en savoir plus
- Apprenez-en davantage sur ce que vos analyses rénales peuvent révéler sur vos taux de potassium et de phosphore.
- Curieux·se de savoir quoi manger lorsque vous vivez avec la MPR – et pourquoi ? Découvrez Pour l'amour de vos reins - Maladie polykystique des reins : l'alimentation à la rescousse, un livre de recettes et un guide nutritionnel conçus spécialement pour les personnes atteintes de la MPR.
- Ou consultez le deuxième volume de la série Pour l'amour de vos reins – Pour l'amour de vos reins : maladie polykystique des reins : planifier, adapter, savourer.
- Visionnez l’un des webinaires de Roxanne Papineau portant sur la nutrition et la MPR.
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