Quelle quantité d’exercice est sécuritaire avec la MPR? | Mode de vie avec la MPR
Les personnes qui vivent avec la maladie polykystique rénale (MPR) se demandent souvent : « Quelle quantité d’exercice est sécuritaire pour moi? » La réponse dépend du stade de votre maladie rénale, de vos symptômes et de votre niveau d’énergie. La bonne nouvelle, c’est que l’activité physique régulière est bénéfique à tous les stades de la MPR. Que vous veniez de recevoir votre diagnostic ou que vous soyez en dialyse, l’exercice peut améliorer votre force, votre énergie, vos capacités physiques et votre qualité de vie. Voici comment faire de l’exercice de façon sécuritaire à mesure que la MPR progresse.
Comment aborder l’exercice à chaque stade de la MPR

Les personnes qui vivent avec la MPR devraient viser les mêmes recommandations en matière d’activité physique que celles qui s’appliquent à l’ensemble des adultes, tout en adaptant leur routine d’exercice à leurs symptômes, à leur fonction rénale, à leur niveau d’énergie et à leur état de santé général. Pour la plupart des adultes, l’objectif à long terme est d’augmenter graduellement l’activité pour atteindre 150 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée par semaine, en plus d’exercices de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine et d’exercices réguliers d’équilibre et de souplesse.
À mesure que la MPR progresse, vos objectifs d’exercice peuvent changer. Aux premiers stades, l’objectif est d’améliorer sa condition physique et d’adopter de bonnes habitudes. Aux stades plus avancés, l’accent est davantage mis sur le maintien de la force, de la mobilité, de l’autonomie et de la qualité de vie.
Stades 1-2 (DFGe de 60 ou plus)
Visez 150 minutes d’exercice aérobique d’intensité modérée par semaine, ainsi que des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre au moins deux fois par semaine. La plupart des gens peuvent suivre l’ensemble des recommandations en matière d’activité physique.
Stade 3 (DFGe de 30 à 59)
Continuez à viser 150 minutes d’activité aérobique par semaine, mais envisagez de répartir l’exercice en séances plus courtes (10–20 minutes), avec plus de récupération au besoin. Continuez les exercices de renforcement musculaire et d’équilibre deux fois par semaine.
Stade 4 (DFGe de 15 à 29)
Essayez de bouger chaque jour, pour accumuler 20–30 minutes d’activité, même si elles sont réparties en plusieurs courtes séances. Ajoutez des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre deux fois par semaine, selon votre tolérance. À ce stade, maintenir vos capacités physiques devient plus important que d’atteindre un nombre précis de minutes.
Stade 5 / dialyse (DFGe inférieur à 15)
Visez 10–30 minutes d’activité aérobique légère, comme la marche ou le vélo stationnaire, la plupart des jours, selon votre tolérance. Des exercices de renforcement musculaire et de souplesse deux fois par semaine peuvent aider à maintenir la masse musculaire, la mobilité et la préparation en vue d’une greffe. Pour les personnes en hémodialyse, l’exercice intradialytique (fait pendant la dialyse) peut aussi être bénéfique lorsqu’il est offert et recommandé par votre équipe soignante.
Comment bâtir votre routine d’exercice de façon sécuritaire

Si vous commencez à faire de l’exercice, débutez par 10 minutes de marche deux fois par semaine pendant 2–3 semaines. Si cela vous semble gérable, passez soit à 10 minutes trois fois par semaine, soit à 15 minutes deux à trois fois par semaine. Continuez à augmenter graduellement, soit en ajoutant cinq minutes à chaque marche, soit en ajoutant une marche de plus par semaine, mais évitez d’augmenter les deux en même temps. Lorsque vous pouvez marcher confortablement pendant 20–30 minutes la plupart des jours, ajoutez des exercices de renforcement musculaire une ou deux fois par semaine. N’oubliez pas de prévoir des journées de repos et essayez de terminer chaque séance en vous sentant stimulé, mais pas épuisé.
Pour la plupart des adultes qui vivent avec la MPR, viser graduellement 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine est un objectif approprié et réaliste. Certaines personnes peuvent choisir d’être plus actives et faire plus d’exercice de façon sécuritaire, mais il n’existe actuellement aucune preuve que dépasser les recommandations ralentit la progression de la MPR, réduit la croissance des kystes ou retarde l’insuffisance rénale. Le but de l’exercice n’est pas de pousser votre corps aussi fort que possible, mais plutôt de développer et de maintenir votre force, votre condition physique et votre santé générale d’une façon sécuritaire et durable.
Quand pousser un peu et quand se reposer

Pour la plupart des personnes qui vivent avec la MPR, ne pas bouger assez est beaucoup plus fréquent que d’en faire trop. Cela dit, votre corps vous indiquera généralement quand il est temps de ralentir. À mesure que la MPR progresse, particulièrement aux stades 3–5 ou chez les personnes en dialyse, il est normal que le niveau d’énergie varie d’une journée à l’autre. Au lieu de vous demander : « Est-ce que je peux faire tout l’entraînement que j’avais prévu aujourd’hui? », essayez plutôt de vous demander : « Quelle quantité de mouvement est réaliste avec le niveau d’énergie que j’ai aujourd’hui? »
Les jours où vous avez plus d’énergie, vous pourriez vous sentir capable de faire une marche plus longue ou une séance d’exercice complète. Les jours où votre énergie est plus basse, faire de l’exercice peut vouloir dire réduire la durée ou l’intensité de votre séance, faire une marche plus courte, faire des étirements doux ou quelques exercices simples de renforcement musculaire. L’activité physique régulière peut en fait améliorer votre niveau d’énergie et réduire la fatigue avec le temps. L’objectif est donc de travailler avec votre niveau d’énergie, plutôt que contre lui.
Il est aussi important de reconnaître les signes que vous en faites peut-être trop. Si la fatigue dure plus de 24 heures après l’exercice, ou si vous avez des douleurs musculaires ou articulaires persistantes, des étourdissements, une douleur à la poitrine, un essoufflement inhabituel ou de la difficulté à récupérer entre les séances, il peut être temps de réduire l’intensité ou la durée de vos exercices. Si vous remarquez du sang dans votre urine après avoir fait de l’exercice, arrêtez et communiquez avec votre équipe soignante.
Une bonne règle générale est de terminer la plupart de vos séances d’exercice en ayant l’impression que vous auriez pu en faire encore un peu. L’exercice devrait représenter un défi pour votre corps, mais il ne devrait pas vous laisser épuisé pour le reste de la journée ni vous empêcher de faire vos activités habituelles.
En conclusion

Il est important de se rappeler que vos progrès ne se mesurent pas seulement au nombre de minutes pendant lesquelles vous faites de l’exercice. Vous progressez aussi si marcher la même distance devient plus facile, si vous récupérez plus rapidement après l’exercice, si vous avez plus d’énergie au cours de la journée ou si les activités quotidiennes, comme monter des escaliers, transporter des sacs d’épicerie ou vous lever d’une chaise, deviennent plus faciles. Vous sentir plus en confiance dans votre capacité à être actif physiquement est aussi un signe important de progrès.
Chaque personne progresse à son propre rythme, et c’est tout à fait normal. Le meilleur programme d’exercice est celui que vous pouvez maintenir de façon régulière à long terme. Même de petites augmentations de votre niveau d’activité physique peuvent avoir des bienfaits importants pour votre santé, votre autonomie et votre bien-être général.
À propos de l’auteure
Katie Bakgaard, BKin, ACSM-CEP, est physiologiste clinique de l’exercice au Transplant Wellness Program (TWP). Ayant une expérience en réadaptation cardiaque, Katie se spécialise dans l’accompagnement par l’exercice et les programmes de mieux-être des personnes vivant avec une maladie chronique. Elle les aide à développer leur confiance envers le mouvement, à demeurer actives et à améliorer leur qualité de vie globale.
Pour en savoir plus
- Pour découvrir d’autres ressources adaptées à la MPR sur la mise en forme, le bien-être, le mouvement et la santé au quotidien, consultez notre blogue sur le mode de vie avec la MPR.
- Essayez l’un de nos entraînements adaptés à la MPR sur notre chaîne YouTube.
- Regardez l’équipe du Transplant Wellness Program parler de son programme, dans cette vidéo de notre Sommet sur la MPR 2025.
- Apprenez-en davantage sur le Transplant Wellness Program.
- Regardez cette vidéo sur l’exercice et la MPR, également tirée de notre Sommet sur la MPR 2025.
Références et ressources
ADPKD : points clés à retenir du chapitre 7
1. Young, H.M.L.; Billany, R.E.; Graham-Brown, M.P.M.; Lightfoot, C.J.; March, D.S.; Smith, A.C.; et al. Physical Activity in Kidney Disease: Evidence and Implementation. Nature Reviews Nephrology. 2025;21:846–858. doi:10.1038/s41581-025-00999-2
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3. Reinecke, N.L.; Cunha, T.M.; Heilberg, I.P.; Higa, E.M.S.; Nishiura, J.L.; Neder, J.A.; Almeida, W.S.; Schor, N. Exercise Capacity in Polycystic Kidney Disease. American Journal of Kidney Diseases. 2014;64:239–246.
Villanego, F.; Naranjo, J.; Vigara, L.A.; Cazorla, J.M.; Montero, M.E.; García, T.; Torrado, J.; Mazuecos, A. Impact of Physical Exercise in Patients with Chronic Kidney Disease: Systematic Review and Meta-Analysis. Nefrología. 2020;40:237–252.